2016 | by PROHEALTH consortium | Print Article

Les consommateurs occupent une place importante dans la filière alimentaire, et en tant que utilisateurs finaux des aliments d’origine animale, leurs opinions doivent être prises en compte pour produire des aliments qui soient conformes à leurs attentes. Cependant, leurs connaissances des pratiques de l’élevage sont en général assez faibles.

La perception qu’ont les consommateurs des maladies de production n’est pas connue

Deux synthèses de la littérature, incluant respectivement 80 et 54 études chacune, ont permis d’analyser les comportements des consommateurs et leur consentement à payer. Les deux synthèses ont mis en évidence un manque de connaissances et de recherches sur les maladies de production. Dans les travaux traitant du consentement à payer, seules quatre études se sont intéressées à l’impact des maladies de production. Un peu plus de 25% des études traitant du comportement des consommateurs évoquent les maladies de production, principalement via le traitement des animaux malades. L’utilisation préventive des médicaments anti infectieux est perçu comme une préoccupation mais le public semble accepter l’utilisation des antimicrobiens pour traiter un animal malade.

Bien qu’un nombre important d’études portent sur le consentement à payer et les comportements des citoyens vis-à-vis de l’amélioration du bien-être des animaux d’élevage (c’est à dire aux delà des normes), il n’est pas possible de définir si cela concerne la réduction ou la gestion des maladies de production dans les systèmes d’élevage intensifs.

Les consommateurs plébiscitent le “naturel”

Hormis le fait d’avoir souligné les lacunes en matière de recherche, l’examen de la littérature donne un aperçu des attentes qu’ont les consommateurs de l’élevage. Des animaux traités humainement et le plus naturellement possible sont au cœur des attentes et préoccupations des consommateurs vis-à-vis de l’élevage. Vingt études ayant traité du « naturel » au sein des élevages, ont montré l’importance de cette idée pour les consommateurs et l’ensemble des études soulignent que le fait que certains modes d’élevage puissent enfreindre ce concept de « naturel » est une préoccupation pour le public. Des modes d’élevage plus traditionnels, extensifs et plein air sont considérés comme plus « naturel », avec comme corollaire la perception de produits de haute qualité. En dépit de ces préoccupations, les consommateurs considèrent que des modes d’élevage dits modernes ont également des avantages comme par exemple celui de garantir une meilleure hygiène.

Les consommateurs associent un bon état de bien-être des animaux à des caractéristiques propres aux produits animaux comme la salubrité et la qualité de ces produits. Cette association peut être erronée et biaisée dans la mesure où elle repose sur la perception des consommateurs. Par conséquent, les consommateurs consentiraient à payer un peu plus cher des produits animaux issus de systèmes d’élevage proposant des standards d’élevage et de qualité supérieurs à un minimum. Les préoccupations sur les systèmes d’élevage et le consentement à payer plus cher un produit de plus haute qualité sont associés à certaines caractéristiques des consommateurs comme le genre, l’âge, le niveau d’éducation et les revenus, et également l’origine géographique.

Que peut-on conclure?

Des initiatives basées à la fois sur le marché et la règlementation seraient en pratique des approches permettant d’identifier et de prendre en compte les attentes des consommateurs. La réglementation européenne devrait considérer les différences géographiques et culturelles identifiées pour s’assurer que les attentes des consommateurs soient bien prises en compte, en garantissant notamment des prix raisonnables et abordables, et en assurant que l’opinion de ceux qui ne peuvent pas exprimer leurs préférences à travers leurs achats soit bien prise en compte.

Dans le cadre du projet PROHEALTH, les résultats de cette étude sont utilisés pour concevoir une enquête auprès des consommateurs. Cette enquête portera sur les comportements des consommateurs et leurs priorités en lien avec les mesures et la réglementation destinées à réduire les maladies de production dans les systèmes d’élevage intensif. Cette enquête comblera l’absence de connaissances mentionnée précédemment et dressera un premier panorama de la perception de différentes mesures destinées à réduire les maladies de production par les consommateurs.

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Published as: Clark, B., Stewart, G.B., Panzone, L.A., Kyriazakis, I. and Frewer, L.J., 2016. A Systematic Review of Public Attitudes, Perceptions and Behaviours Towards Production Diseases Associated with Farm Animal Welfare. Journal of Agricultural and Environmental Ethics, 29(3), pp.455-478. 

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